Libreville, le 02 novembre 2025.
Ils s’appellent Pierre-Olivier Sur et François Zimeray. Deux avocats français qui, à défaut de connaître le droit gabonais, semblent vouloir lui donner des leçons. Depuis plusieurs mois, ils s’autoproclament fièrement « avocats » de l’ancienne Première Dame du Gabon, Sylvie Aimée Valentin épouse Bongo Ondimba, et de son fils Noureddine Bongo Valentin, tous deux poursuivis pour détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux et autres infractions économiques. Pourtant, dans les textes, rien absolument rien ne leur reconnaît cette qualité devant les juridictions gabonaises.
Selon la loi n°013/2014 du 7 janvier 2015 fixant le cadre d’exercice de la profession d’avocat en République Gabonaise, seuls les avocats inscrits au Tableau de l’Ordre du Barreau du Gabon peuvent postuler et plaider devant les juridictions nationales (article 11). À titre exceptionnel, la loi admet la présence d’avocats étrangers, mais uniquement dans le cadre d’un accord de réciprocité, et sous des conditions strictes : être constitué dans une affaire précise, informer le Bâtonnier, plaider sous la postulation d’un avocat gabonais et justifier d’une convention d’honoraires avec celui-ci (article 12).
Or, aucune de ces conditions n’a été remplie par les deux juristes français.
En clair, ni Pierre-Olivier Sur ni François Zimeray n’ont qualité pour s’exprimer au nom de Dame Bongo et de son fils. Leur activisme médiatique relève donc d’une immixtion de fonction, sévèrement réprimée par le Code pénal gabonais et rappelée par l’article 14 de la même loi, qui prévoit des sanctions pour tout avocat non membre du Barreau exerçant illégalement sur le territoire.
Le Procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Dr Eddy Narcisse MINANG, n’a pas manqué de dénoncer cette dérive lors de sa conférence de presse du 29 octobre 2025, devant la presse nationale et internationale. Le haut magistrat a été clair « Madame Sylvie Aimée Valentin épouse Bongo Ondimba et sieur Noureddine Bongo Valentin n’ont qu’un seul avocat légalement constitué, Maître Gisèle Eyue Bekale »
Tout le reste n’est que mascarade médiatique, alimentée par deux occidentaux visiblement plus à l’aise sur les plateaux de télévision que dans les prétoires gabonais. En se substituant à la défense légitime, ils violent la loi gabonaise, méprisent ses institutions et s’exposent à des poursuites pour exercice illégal de la profession.
Ainsi, loin d’être des défenseurs des droits, ces deux maîtres illustrent plutôt une arrogance juridique postcoloniale où l’on croit encore pouvoir plaider à Libreville comme à Paris. Mal leur en prendra.Au Gabon, la justice n’est pas une scène, c’est une institution souveraine.
Article publié par la presse judiciaire gabonaise sous la plume de Gaël BOBOUAGNO LENGA, journaliste juridique et chroniqueur































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