Face à la flambée persistante des prix des produits de première nécessité, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a convoqué, le 7 janvier 2026, une réunion stratégique avec les ministres de l’Économie et du Budget ainsi que les principaux responsables des administrations placées sous leur tutelle. Cette séance de travail s’inscrit dans le cadre de l’élaboration des feuilles de route des 100 premiers jours de gouvernement, exigées par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans un contexte marqué par une forte pression sociale liée à la vie chère.
Dès l’ouverture des échanges, le ton a été donné : l’action publique ne peut plus se permettre ni lenteur ni approximation. L’augmentation continue des prix des denrées alimentaires, des produits importés et des biens de consommation courante affecte directement le pouvoir d’achat des ménages et constitue l’un des principaux motifs d’insatisfaction populaire.
La Centrale d’achats du Gabon au cœur du dispositif anti-vie chère
Au centre des discussions figurait la Centrale d’achats du Gabon (CEAG), présentée comme un levier stratégique de régulation des prix. Créée en août 2025, cette structure a pour vocation de mutualiser les besoins d’approvisionnement de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics afin de renforcer la capacité de négociation du Gabon face aux fournisseurs, tant sur le marché national qu’international.
En théorie, la CEAG doit permettre de réduire les coûts d’acquisition, d’améliorer la transparence des achats publics et, à terme, de contenir la hausse des prix sur le marché intérieur. Mais dans les faits, le mécanisme peine encore à produire ses effets.
Un retard opérationnel qui agace au sommet de l’État
Le diagnostic posé lors de la réunion est sans complaisance. Plusieurs mois après sa création, la CEAG ne dispose toujours pas de siège social fonctionnel et reste engagée dans un processus de régularisation administrative. Ce retard à l’allumage freine son opérationnalisation et compromet l’efficacité des mesures attendues pour lutter contre la vie chère.
Cette situation n’est pas sans susciter une irritation manifeste au sein de l’Exécutif, y compris au plus haut niveau de l’État. Dans l’esprit du Président Oligui Nguema, les instruments créés pour répondre aux urgences sociales doivent être immédiatement fonctionnels et produire des résultats mesurables. La lenteur administrative apparaît désormais comme incompatible avec la nouvelle méthode de gouvernance prônée sous la Vᵉ République.
Au-delà des prix : une revue complète de la gouvernance économique
La réunion ne s’est toutefois pas limitée à la seule question de la CEAG. Les échanges ont également porté sur des dossiers structurants pour la stabilité économique du pays :
– la stratégie d’endettement et la préservation des équilibres macroéconomiques ;
– l’amélioration du climat des affaires, condition essentielle à l’attractivité des investissements ;
– les modalités d’exécution du budget 2026, avec un accent sur la maîtrise de la dépense publique ;
– la mobilisation accrue des recettes de l’État ;
– le suivi rigoureux des participations de l’État ;
– la réforme de la commande publique ;
– et l’accélération de la digitalisation des finances publiques, notamment à travers le Système Intégré de Gestion des Finances Publiques (SIGFiP).
L’objectif est clair : instaurer une gestion plus disciplinée, plus transparente et orientée vers l’impact réel sur la vie des citoyens.
Les 100 jours comme test politique
Cette réunion répond directement à une instruction du Président de la République, qui a exigé de chaque membre du gouvernement la présentation, dans un délai de trente jours, d’un plan d’actions détaillé pour les 100 premiers jours. Ce document devra préciser les priorités immédiates, les actions concrètes à engager et les résultats attendus, notamment sur des questions sensibles comme la vie chère.
Dans l’architecture politique de la Vᵉ République, ces 100 jours apparaissent comme un test de crédibilité pour le gouvernement. Pour l’Exécutif, il ne s’agit plus seulement d’annoncer des réformes, mais de démontrer, chiffres à l’appui, que l’État est capable d’agir rapidement et efficacement face aux préoccupations quotidiennes des Gabonais.
La lutte contre la vie chère s’impose ainsi comme l’un des premiers marqueurs de la gouvernance Oligui Nguema : une gouvernance qui revendique la culture des résultats et place l’amélioration du pouvoir d’achat au cœur de l’action publique.































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