Au Gabon, la décision des autorités de suspendre l’équipe nationale afin d’engager une restructuration en profondeur ne relève plus d’un simple débat interne. Depuis son annonce, cette option assumée de rupture est devenue un point de référence dans les discussions sportives en Afrique francophone, où la lassitude face aux cycles d’échec répétés et aux réformes de façade est de plus en plus palpable.
Longtemps cantonnée aux cercles spécialisés, la réflexion sur la refondation des sélections nationales s’est accélérée ces dernières années. Résultats en berne, instabilité des staffs techniques, absence de vision à long terme : dans de nombreux pays, les mêmes maux reviennent, alimentant une impression de stagnation. Dans ce contexte, la décision gabonaise apparaît comme une prise de risque assumée, mais aussi comme une tentative de rompre avec les ajustements cosmétiques souvent privilégiés ailleurs.
La portée de cette initiative dépasse désormais les frontières gabonaises. En Tunisie, notamment, après la défaite de la sélection nationale face au Mali, des supporters tunisiens ont publiquement interpellé leurs autorités, appelant à « faire comme au Gabon ». À travers ces messages, largement relayés sur les réseaux sociaux, l’objectif n’est pas tant la sanction immédiate que la recherche d’un électrochoc structurel : remettre à plat l’organisation, la discipline, la préparation des joueurs et, plus largement, la gouvernance du football.
Sur les plateformes numériques, l’expression « méthode Gabon » s’est progressivement imposée comme un raccourci pour désigner une approche désormais discutée : pause temporaire des compétitions internationales, remise en question du staff technique, exigence de résultats mesurables et refonte du cadre de fonctionnement. Ce qui séduit, au-delà du caractère spectaculaire de la décision, c’est surtout l’intention affichée : bâtir un système plus cohérent, fondé sur la transparence, la planification à moyen terme et la priorité accordée à la formation.
Dans un paysage footballistique africain en quête de modèles crédibles de redressement, le choix gabonais s’impose ainsi comme un cas d’école. Qu’il aboutisse ou non aux résultats escomptés, il a déjà produit un effet tangible : replacer au cœur du débat public la question de la gouvernance, du courage politique et de la responsabilité dans la conduite des politiques sportives.
Plus qu’une décision conjoncturelle, la suspension des Panthères s’inscrit désormais comme un signal régional, observé, commenté et, dans certains pays, ouvertement revendiqué comme une source d’inspiration pour repenser en profondeur le football national.































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