Chers compatriotes, Frères et sœurs du Gabon,
C’est avec gravité, mais aussi avec une inébranlable espérance que je m’adresse à vous par cette lettre ouverte. Notre pays vit un tournant décisif de son histoire. Le 30 août 2023 a marqué le premier pas d’un nouveau départ. Mais un premier pas ne suffit pas : il nous faut désormais avancer ensemble, poser les autres pas, et remettre notre nation sur les rails d’un développement véritable en l’affranchissant des maux qui la rongent.
Le changement, une responsabilité partagée
Le changement n’est pas l’affaire exclusive du Sommet de l’État, non, c’est faux. Il est la responsabilité de tous : dirigeants comme simples citoyens. Chacun doit regarder dans la même direction, faire ce que la République attend de lui, car la reconstruction du Gabon exige l’engagement collectif, la discipline nationale et la volonté commune de rompre avec nos vieux démons.
Les maux à abattre
Soyons clairs : il est impératif d’en finir avec le népotisme, le tribalisme, le clientélisme et le favoritisme. Ces poisons minent la cohésion nationale et paralysent le mérite.
Parlons aussi des surfacturations : ces pratiques, où le prix des biens et services est artificiellement gonflé, ne sont pas de simples transactions commerciales. Elles sont des vols à ciel ouvert, des ponctions sur les ressources qui devraient servir à construire nos écoles, nos hôpitaux, nos routes. Chaque surfacturation est une brique retirée du socle de notre avenir, une promesse brisée à la génération future, une insulte à l’intelligence collective et un poison lent pour l’économie nationale.
Parlons des détournements de budgets : ces fonds publics, arrachés à la sueur du contribuable et destinés à améliorer nos conditions de vie, se volatilisent dans des circuits occultes. C’est une trahison de la confiance que le peuple a placée en ses dirigeants, une amputation de l’État, une saignée qui affaiblit nos institutions. Ces détournements ne sont pas des actes isolés, mais des systèmes organisés, nourris par l’impunité et l’opacité.
Parlons enfin de la mauvaise gestion des biens de l’État : infrastructures, véhicules, ressources naturelles, autant de richesses communes parfois traitées comme des biens privés, dilapidés, négligés, exploités sans égard pour le bien commun. C’est une irresponsabilité criante et un mépris flagrant pour notre patrimoine national.
Il nous faut donc replacer la méritocratie et la transparence au centre de toutes nos décisions, qu’elles soient politiques, administratives ou économiques.
Le réveil des consciences est primordial
Mais au-delà des dérives des élites, nous portons tous une part de responsabilité : notre apathie civique. Trop souvent, nous subissons en silence, murmurons dans l’ombre, alors que l’histoire nous appelle à agir au grand jour. Le silence complice, la peur ou le cynisme alimentent autant la corruption que ceux qui la pratiquent.
Il est temps de dire NON avec fermeté :
NON aux surfacturations ; NON aux détournements ; NON au tribalisme et au favoritisme ; NON à l’impunité. Et surtout, il est temps de dire OUI : OUI à la transparence ; OUI à la justice ; OUI à la responsabilité ; OUI à l’intégrité et au travail bien fait.
Nous avons une nation à reconstruire
Chers compatriotes, ce combat n’est pas celui d’une poignée d’hommes au sommet, mais celui d’une nation entière. Le Chef de l’État, aussi engagé soit-il, ne peut réussir sans l’adhésion et la participation de chacun. Le Gabon ne changera que si nous acceptons tous de changer. L’heure est venue de bâtir un Gabon nouveau : un pays où l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers ; un pays où le travail est récompensé ; un pays où chaque citoyen est acteur et non spectateur du destin commun.
L’histoire nous observe, nos enfants attendent, le Gabon nous appelle ! Répondons présent.
Avec toute ma foi en notre avenir,
Chancel KONGO































Discussion about this post