
Les silences sont parfois plus bruyants que les discours. Et en politique, les mots ont une mémoire que le temps ne dissout pas, encore plus aujourd’hui avec la VAR qui n’est visiblement l’amie de personne. Alain Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et figure emblématique du régime déchu, est aujourd’hui rattrapé par ses propres déclarations, hier frappé du sceau de la sagesse démocratique.
« Notre pays souffre de ce que celui qui perd n’accepte pas d’avoir perdu, il pense qu’il a gagné du simple fait qu’il a dénoncé, mais c’est le peuple qui choisit », déclarait-il avec assurance, à une époque où il incarnait encore la parole officielle. Ces mots, forts et lucides, faisaient alors écho à une volonté affichée de moderniser la vie politique gabonaise, en appelant à plus de maturité et de respect des règles démocratiques.
Aujourd’hui, la posture attendue tarde à venir. Alors que plusieurs autres anciens candidats, à l’instar de Iloko Boussengui ou Thierry Yvon, ont su reconnaître les résultats du processus en cours et saluer le choix souverain du peuple gabonais, Alain Claude Bilie-By-Nze semble toujours englué dans le déni.
Pourtant, la démocratie ne s’apprécie pas uniquement dans la victoire : elle se révèle surtout dans l’attitude de ceux qui, battus, acceptent le verdict des urnes avec dignité. Mais bon, le deuxième à la dernière élection présidentielle avec un score n’atteignant pas les 10% va s’exprimer aujourd’hui.
Être un homme d’État, c’est aussi cela : savoir se retirer avec honneur, féliciter le vainqueur et participer, dans l’opposition ou la réserve, à la construction nationale. N’est-ce pas là le véritable test de grandeur politique ? Loin des discours, il est désormais temps d’agir selon les principes que l’on prônait hier.
La démocratie gabonaise ne se consolidera que si ses acteurs politiques, tous sans exception, s’astreignent à ce devoir de cohérence. À Alain Claude Bilie-By-Nze, il appartient aujourd’hui de joindre l’acte à la parole. L’histoire, elle, ne retiendra pas les justifications, mais les positions.































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