
Lors d’un entretien accordé à la chaîne francophone TV5Monde, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a clairement distingué le cas gabonais des autres transitions politiques actuellement en cours sur le continent, en particulier dans la zone sahélienne. À mots choisis, mais sans ambiguïté, le chef de l’État français a reconnu l’exemplarité du processus de Transition enclenché à Libreville depuis le 30 août 2023, après la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba.
« Je constate qu’aucun d’entre eux, contrairement à ce qui se passe au Gabon, n’est pressé d’organiser des élections libres », a lancé Emmanuel Macron, évoquant les régimes militaires installés au Mali, au Burkina Faso ou encore au Niger, souvent critiqués pour leur absence de feuille de route claire vers un retour à l’ordre constitutionnel. Une déclaration qui, au-delà du constat, sonne comme une validation politique du chemin emprunté par les autorités de la Transition gabonaise, c’est un clair et précis.

N’en déplaise aux détracteurs de la Transition gabonaise, il est désormais acté, au plus haut sommet des relations internationales : le Gabon constitue une singularité positive dans l’écosystème des transitions africaines. Dès les premiers jours ayant suivi la prise du pouvoir par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), une démarche claire, inclusive et apaisée a été engagée.
Contrairement à d’autres contextes où la confiscation du pouvoir par les armes se prolonge sans horizon démocratique, le Gabon a opté pour une feuille de route transparente. L’organisation d’un Dialogue national inclusif, l’implication de toutes les composantes de la nation, société civile, partis politiques, confessions religieuses, diaspora, syndicats et surtout l’organisation pacifique, sans tension, d’une élection présidentielle le 12 avril dernier, sont autant d’éléments qui renforcent la crédibilité du processus.

Ce jour-là, dans le calme, la sérénité et une maturité politique remarquable, les Gabonais ont librement porté à la magistrature suprême Brice Clotaire Oligui Nguema, jusqu’ici Président de la Transition, ouvrant ainsi le retour à l’ordre constitutionnel.
Le regard porté par Paris sur Libreville est éloquent. En soulignant la différence entre les transitions du Sahel et celle du Gabon, Emmanuel Macron remet en perspective le rôle des militaires dans les contextes post-crise. Là où d’autres s’enferment dans des régimes autoritaires ou populistes, les militaires gabonais, sous la conduite du CTRI, ont su faire preuve de retenue, d’écoute et notamment d’un sens aigu des responsabilités nationales et internationales.
Ce positionnement diplomatique du président français ouvre aussi la voie à une nouvelle dynamique de coopération bilatérale entre Libreville et ses partenaires. Il confirme que, malgré les incertitudes initiales, le Gabon a réussi là où beaucoup échouent : rétablir la confiance entre le pouvoir, les citoyens et la communauté internationale et cela est à applaudir.

Aujourd’hui, c’est un fait : le modèle gabonais fait école. Il s’impose comme une référence en matière de sortie de crise institutionnelle sur le continent. Entre volonté d’apaisement, dialogue permanent avec les forces vives de la nation, et respect des engagements pris devant le peuple et la communauté internationale, le Gabon de la Transition a su allier fermeté, inclusion et responsabilité.
À l’heure où les transitions militaires suscitent inquiétude et incertitude, le Gabon fait figure d’exception. Une exception saluée, et désormais validée, par l’une des principales puissances politiques du monde. Emmanuel Macron l’a dit. L’histoire, elle, l’écrira.































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