La scène se déroule loin des palais feutrés de Libreville, mais elle pourrait bien peser durablement sur l’issue de la crise éducative. Samedi 24 janvier 2026, le lycée Richard Nguema Békale d’Oyem a servi de cadre à une rencontre décisive entre une délégation de la société civile et les enseignants de la ville. Objectif affiché : lever les zones d’ombre autour des revendications en cours et expliquer, sans langue de bois, les raisons ayant conduit à la suspension de la grève dans le secteur éducatif.
La délégation, conduite par le sénateur Georges Mpaga, accompagnée de Gaston Mindougani et de Pierre Mintsa, s’est voulue pédagogique et méthodique. Face à des enseignants encore marqués par des semaines de tensions et d’incertitudes, il s’agissait moins de convaincre que de clarifier. Une approche qui tranche avec les discours approximatifs et les rumeurs ayant alimenté la contestation ces derniers mois.
Prenant la parole, Pierre Mintsa a déroulé, point par point, la chronologie des événements. Il est revenu sur la structuration des deux groupes de « SOS la Base », leur audience récente au Palais présidentiel, ainsi que sur le cadre juridique encadrant le droit de grève. Textes légaux, mécanismes de négociation, contenu du protocole d’accord signé, conditions de suspension de la grève : rien n’a été laissé dans l’angle mort. Une intervention dense, mais volontairement accessible, saluée par l’assistance pour sa clarté.
La séquence suivante, celle des questions-réponses, a servi de baromètre. Inquiétudes sur la mise en œuvre des engagements, doutes sur la sincérité du dialogue social, interrogations sur l’avenir des revendications : les enseignants ont parlé sans détour. Fidèle à sa réputation, Pierre Mintsa a répondu point par point, sans esquive, apportant des éléments factuels et des éclairages juridiques qui ont contribué à détendre l’atmosphère.
Le ton a changé lorsque le sénateur Georges Mpaga a pris la parole. Plus politique, plus mémorielle aussi. S’adressant à la fois aux enseignants, aux parents et, indirectement, aux élèves, il a appelé à une reprise responsable des cours. « Mesurez les acquis, regardez le chemin parcouru », a-t-il insisté, invitant chacun à tirer les leçons des crises passées et à préserver la stabilité retrouvée. Un discours qui résonne particulièrement dans une province souvent en première ligne des mouvements sociaux.
Le moment clé est venu à la fin de la rencontre. Une question simple, presque brutale dans sa formulation : les enseignants sont-ils prêts à reprendre les cours ? La réponse, massive et unanime, a surpris par sa netteté. Un « oui » collectif, sans condition immédiate, qui sonne comme un tournant après des semaines de paralysie.
Reste désormais l’épreuve de la réalité. Dès le lundi suivant, les salles de classe diront si cet engagement verbal se traduit par une reprise effective et durable des enseignements à Oyem. Mais une chose est acquise : en choisissant le terrain, l’explication et le dialogue direct, la société civile a, pour un temps au moins, repris la main sur une crise que beaucoup jugeaient déjà hors de contrôle.































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