Les 14 et 15 mai prochains, Kigali accueillera l’élite économique et politique du continent à l’occasion de la 13e édition de l’Africa CEO Forum 2026. Parmi les dirigeants les plus attendus figure le président Brice Clotaire Oligui Nguema, dont la participation confirme la volonté du Gabon de jouer un rôle plus visible dans les grandes dynamiques économiques africaines. À travers cette présence au cœur du principal forum du secteur privé africain, le chef de l’État gabonais poursuit une stratégie désormais assumée : faire de la diplomatie économique un levier majeur du repositionnement du Gabon sur la scène continentale.
Kigali, capitale du nouveau capitalisme africain
Placée sous le thème volontairement incisif « Scale or fail : pourquoi le capitalisme africain doit unir ses forces », cette édition réunira plus de 2 000 décideurs venus de 75 pays. Le président gabonais partagera la scène avec plusieurs figures majeures du continent, notamment Paul Kagame, Bola Ahmed Tinubu ou encore Robert Beugré Mambé. Dans un contexte mondial marqué par les recompositions géopolitiques, les tensions commerciales et la compétition pour les investissements, le forum entend promouvoir une nouvelle doctrine économique africaine : celle d’une intégration régionale plus ambitieuse et d’un secteur privé continental capable de rivaliser avec les grandes puissances économiques mondiales.
Le Gabon veut faire entendre sa voix
Pour Libreville, cette tribune représente bien davantage qu’un simple rendez-vous protocolaire. Le Gabon entend profiter de cette plateforme pour défendre sa vision d’une économie africaine davantage tournée vers la transformation locale des ressources, la montée en puissance industrielle et le développement des infrastructures régionales. Les thématiques au cœur des échanges, investissements transfrontaliers, corridors logistiques, harmonisation réglementaire ou financement des infrastructures, rejoignent directement les priorités économiques actuellement portées par les autorités gabonaises.
Depuis plusieurs mois, Oligui Nguema multiplie en effet les initiatives visant à repositionner le pays comme une destination crédible pour les investisseurs et comme un acteur actif des mutations économiques africaines.
Une diplomatie économique en pleine accélération
Après Luanda, Nairobi et Kampala, cette nouvelle séquence à Kigali confirme l’intensification de la présence internationale du président gabonais. Le choix de participer à l’Africa CEO Forum traduit une orientation claire : inscrire le Gabon dans les circuits où se décident désormais les grands partenariats économiques africains.
À Kigali, le chef de l’État gabonais devrait notamment échanger avec plusieurs figures influentes du monde des affaires, parmi lesquelles Aliko Dangote, James Mwangi, ainsi que des responsables de la Banque africaine de développement et de l’International Finance Corporation. Autant d’opportunités pour promouvoir les ambitions gabonaises dans les secteurs des mines, des infrastructures, du numérique, de l’énergie ou encore de l’agro-industrie.
Le défi africain de la taille critique
Derrière le slogan « Scale or fail », les organisateurs du forum posent une question centrale : l’Afrique peut-elle encore se développer à travers des économies fragmentées et des marchés nationaux isolés ? Pour les promoteurs du sommet, la réponse est non. Dix ans après le lancement des négociations de la Zone de libre-échange continentale africaine, Kigali veut transformer les discours panafricains en engagements économiques concrets.
Cette vision rejoint les orientations défendues par Oligui Nguema autour de la souveraineté économique, de l’industrialisation et de la création de chaînes de valeur régionales capables de générer davantage de richesse et d’emplois sur le continent.
Le Gabon veut éviter la marginalisation économique
Pour Libreville, l’enjeu est stratégique : ne pas rester à l’écart de l’émergence des futurs champions économiques africains. Dans un environnement continental de plus en plus concurrentiel, le Gabon cherche désormais à capitaliser sur sa stabilité politique retrouvée, ses ressources naturelles et sa position géographique pour attirer investisseurs, industriels et partenaires financiers.
À Kigali, le président gabonais entend ainsi porter l’image d’un pays en transformation, décidé à passer d’une économie essentiellement extractive à un modèle davantage fondé sur la valeur ajoutée, les infrastructures et l’intégration régionale. Une ambition qui s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un Gabon qui veut désormais compter parmi les économies africaines les plus attractives et les plus influentes de demain.





























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