Sur le site pétrolier de Ngongui, à Gamba, dans la province de l’Ogooué-Maritime, le symbole est fort. En lançant officiellement la production de ce nouveau champ, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema ne se contente pas d’inaugurer une infrastructure énergétique. Il valide, sur le terrain, une stratégie longtemps critiquée : celle de la reprise en main des actifs pétroliers nationaux.
Car derrière les 10 000 barils produits quotidiennement par Ngongui, soit près de 3,84 millions de barils par an, se cache un choix politique majeur. Celui, opéré dès 2024, de racheter des actifs stratégiques détenus par des groupes étrangers, notamment dans le cadre des opérations concernant Assala, SMP ou encore Tullow Oil.
À l’époque, la décision avait suscité scepticisme et réserves. Coût financier, capacité opérationnelle, risques industriels : les interrogations étaient nombreuses. Mais près de deux ans plus tard, les résultats commencent à parler d’eux-mêmes.
Une vision assumée, des résultats mesurables
Avec l’entrée en production de Ngongui, la production opérée par Assala dépasse désormais les 60 000 barils par jour, contribuant à renforcer significativement les capacités nationales. Un niveau qui conforte la thèse défendue par le chef de l’État : le Gabon peut, et doit, maîtriser ses ressources stratégiques.
Cette orientation s’inscrit dans une doctrine plus large, articulée autour de cinq priorités : réappropriation économique, transformation locale des matières premières, augmentation de la part de l’État dans la production, renforcement de l’impact du secteur pétrolier sur le développement, et restauration de la dignité nationale.
Sur le terrain, Ngongui apparaît comme une matérialisation concrète de cette feuille de route.
Le pari des compétences nationales
Mais au-delà des chiffres, le message porté à Gamba est aussi humain. Car le développement du champ pétrolier repose largement sur l’expertise locale. Ingénieurs, techniciens, ouvriers gabonais : ce sont eux qui ont piloté, supervisé et exécuté les opérations.
Un point sur lequel Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté, saluant un savoir-faire national longtemps sous-estimé. Dans un secteur historiquement dominé par les majors internationales, cette montée en compétence constitue un signal fort.
Elle traduit une ambition : faire du capital humain gabonais le moteur de la transformation économique.
Une légitimité politique consolidée
La date choisie pour cette annonce n’est pas anodine. Le 12 avril fait écho au vote qui a marqué l’adhésion populaire à la transition engagée depuis le Coup d’État du 30 août 2023 au Gabon.
En reliant cette mémoire politique à des résultats économiques concrets, le chef de l’État cherche à inscrire son action dans une continuité : celle d’un engagement pris devant le peuple et progressivement matérialisé.
Lors de son investiture du 3 mai 2025, il affirmait vouloir « servir tous les Gabonais ». À Gamba, c’est cette promesse qui prend forme, dans un secteur clé pour les finances publiques.
Une trajectoire à confirmer
Reste désormais à transformer l’essai. Car si le pétrole demeure un pilier du PIB national, les défis restent nombreux : diversification économique, gestion des revenus, transition énergétique.
Mais pour l’exécutif, l’essentiel est ailleurs : prouver que des choix jugés audacieux peuvent produire des résultats. À Ngongui, le message est limpide : la souveraineté économique n’est plus un slogan, mais un chantier en cours.
Et dans cette équation, le Gabon semble décidé à jouer sa propre partition.























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