Le secteur privé gabonais entend désormais passer des constats aux solutions. Réunis le 27 juin à Libreville à l’occasion de la deuxième édition du Gabon Economic Forum (GEF 2026), les dirigeants d’entreprises, responsables publics et partenaires économiques ont adopté une ambitieuse feuille de route destinée à repositionner l’entreprise comme moteur central de la transformation économique du pays.
Placée sous le haut patronage du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et organisée par la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) autour du thème « Des entreprises fortes pour une croissance durable et une prospérité partagée », cette édition a débouché sur près d’une quarantaine de recommandations issues de huit ateliers thématiques.
Pour les organisateurs, l’heure n’est plus à l’identification des difficultés. Le défi consiste désormais à traduire les réflexions en actions concrètes susceptibles d’améliorer durablement l’environnement des affaires et d’accélérer la diversification de l’économie gabonaise.
Au cœur des débats, une conviction largement partagée s’est imposée : la relance économique du Gabon passera nécessairement par un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé.
« Aucune confiance ne saurait prospérer si la règle, une fois posée, n’est ni respectée, ni appliquée », ont rappelé les participants, faisant de la sécurité juridique et de la prévisibilité des politiques publiques des préalables indispensables à tout investissement productif.
Le Forum a ainsi recommandé une meilleure implication des entreprises dans l’élaboration des politiques économiques, un renforcement des mécanismes de concertation ainsi qu’une stabilisation du cadre réglementaire et fiscal.
Parmi les priorités identifiées figurent notamment la sécurisation des remboursements de la TVA, l’encadrement des réformes fiscales par des études d’impact préalables et la mise en place d’un environnement économique davantage prévisible pour les investisseurs.
Pour le patronat gabonais, la confiance constitue aujourd’hui le principal capital à reconstruire afin de stimuler l’investissement privé et favoriser l’émergence d’une croissance durable.
Autre axe majeur des recommandations : la place du contenu local dans la stratégie de développement.
Les participants ont plaidé pour une ouverture plus effective de la commande publique aux entreprises nationales, en particulier aux petites et moyennes entreprises (PME), grâce notamment à une plus grande transparence des procédures, à la digitalisation des marchés publics et au renforcement des dispositifs d’accompagnement des opérateurs locaux.
L’objectif affiché est clair : faire de l’entreprise gabonaise un acteur majeur de la création de richesse, de la diversification économique et de la création d’emplois.
Cette orientation s’inscrit dans la dynamique impulsée par les autorités visant à promouvoir la transformation locale des ressources et à renforcer l’industrialisation du pays. Le développement du tissu entrepreneurial et du capital humain a également occupé une place centrale dans les travaux.
Les participants ont recommandé une modernisation des mécanismes d’appui aux PME, un accès progressif et facilité aux financements, ainsi qu’un renforcement des structures d’accompagnement entrepreneurial. La question de l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail a également été largement abordée.
Dans cette perspective, la transformation numérique a été présentée comme un levier incontournable de compétitivité. Le Forum recommande notamment la mise en place de plateformes numériques capables de rapprocher les compétences disponibles des besoins exprimés par les entreprises. Au-delà de la performance économique, les participants ont insisté sur la nécessité de promouvoir une croissance plus inclusive et davantage centrée sur l’humain.
« Une économie forte n’est pas seulement une économie performante, elle est aussi une économie qui protège », ont-ils souligné, appelant à une modernisation des dispositifs de protection sociale et à un meilleur équilibre entre compétitivité économique et cohésion sociale. Les infrastructures, l’énergie, la logistique ainsi que les secteurs productifs ont enfin été identifiés comme des piliers essentiels de la résilience économique nationale.
Les recommandations formulées plaident pour une priorisation des investissements structurants, une amélioration des chaînes logistiques, un renforcement des capacités industrielles et une diversification accrue des sources de croissance. Au terme des travaux, la Déclaration du secteur privé issue du GEF 2026 a résumé l’esprit général de cette rencontre : « L’État et les entreprises doivent former une seule et même équipe ».
Pour le président de la FEG, Alain-Claude Kouakoua, les bases d’une nouvelle dynamique sont désormais posées. « Les bases sont jetées, les propositions sont sur la table, la trajectoire est claire et solide. Passons de l’intention à l’acte », a-t-il déclaré en clôture du Forum.
La réussite de cette ambition dépendra désormais de la capacité des différents acteurs à traduire ces recommandations en mesures opérationnelles et à inscrire le dialogue public-privé dans une logique de suivi, d’évaluation et de redevabilité. Car au-delà des déclarations, c’est bien sur le terrain de l’exécution que se jouera la transformation économique du Gabon.


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