Les provinces du Woleu-Ntem et de l’Ogooué-Ivindo sont récemment devenues les épicentres d’une offensive judiciaire majeure contre le détournement présumé de carburant au sein de la SEEG. L’affaire met en lumière les fragilités opérationnelles au sein de certaines entreprises publiques et illustre la volonté du Président Brice Clotaire Oligui Nguema de restaurer transparence et responsabilité.
Tout commence il y a plus de deux mois, lorsque les responsables provinciaux de la SEEG alertent le B2 au sujet d’irrégularités dans l’approvisionnement en carburant de la centrale thermique de Méthui, à Oyem. Rapidement, une enquête approfondie est déclenchée.
Le 27 mars, un premier coup de filet est opéré dans la capitale provinciale du Woleu-Ntem. Douze personnes sont présentées au tribunal : huit sont placées sous mandat de dépôt et quatre relaxées. Parmi les prévenus figurent des conducteurs, électriciens et agents de sécurité de la SEEG. Dans la province voisine de l’Ogooué-Ivindo, à Makokou, neuf autres individus sont traduits devant la justice, deux sous mandat de dépôt, les sept autres relaxés mais condamnés à des amendes.
Un réseau structuré et lucratif
Selon les enquêteurs, ce réseau présumé serait organisé et aurait progressivement étendu ses ramifications au sein de l’entreprise, avec des connexions possibles dans d’autres provinces. Les quantités détournées sont révélatrices de l’ampleur du préjudice : plus de 73 000 litres pour l’un des principaux suspects et 27 000 litres pour un autre, dans un contexte où la population locale subissait déjà des délestages récurrents.
Les investigations ont permis d’identifier des indices concrets : antécédents disciplinaires, demandes d’explication restées sans suite, sanctions ignorées, et un train de vie manifestement supérieur aux revenus déclarés. Ces éléments ont motivé l’interpellation rapide des suspects, parmi lesquels un expatrié camerounais impliqué dans la revente de carburant, ainsi qu’un ex-agent SEEG révoqué en février 2026.
Une justice inscrite dans la politique présidentielle
Raphaël Mangouka, représentant du ministère public, a souligné que ces interpellations s’inscrivent dans les instructions directes du président Oligui Nguema, pour qui la stabilité sociale et institutionnelle, technique, économique et administrative, constitue une priorité au service du bien-être des populations. « Cette action démontre que la justice peut être mobilisée pour des enjeux concrets, comme l’accès régulier à l’électricité », a-t-il précisé.
Le démantèlement de ce réseau est présenté comme la première étape d’une offensive plus large, qui devrait s’étendre aux provinces de la Ngounié et de la Nyanga.
Les prochains défis
Si les arrestations marquent un point d’étape, l’enjeu central demeure l’instruction et le jugement. La solidité des preuves et la capacité des tribunaux à sanctionner les pratiques frauduleuses seront testées dans les jours à venir. Pour le Gabon, cette affaire dépasse le cadre judiciaire : elle constitue un signal fort envoyé à toutes les entreprises publiques et à leurs agents, rappelant que la responsabilité et la transparence ne sont pas des options mais des impératifs.
Dans un pays où la continuité des services essentiels reste un enjeu quotidien, le message est clair : derrière les délestages et les irrégularités, il y a une volonté présidentielle affirmée de protéger les citoyens et de restaurer la confiance dans les institutions publiques.































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