
Alors que le Gabon se prépare à l’élection présidentielle du 12 avril 2025, le passé de certains candidats refait surface, notamment celui d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba et désormais prétendant à la magistrature suprême. Pour beaucoup, il incarne l’héritage d’une gestion opaque et déroutante de la chose publique, qui a contribué à plonger le pays dans une spirale d’endettement sans précédent, avant le coup de Libération du 30 août 2023.
Une politique d’endettement sans cap clair
Durant les derniers mois du régime Bongo, sous la direction de Bilie-By-Nze à la primature, le Gabon a vu sa dette publique exploser, atteignant plus de 7500 milliards de FCFA. Une dette qui n’était pas forcément orientée vers des projets structurants ou productifs, mais souvent utilisée pour alimenter un train de vie étatique exorbitant, des projets non viables, voire des montages financiers opaques.
Selon plusieurs observateurs et sources institutionnelles, les emprunts contractés manquaient de transparence, avec des marchés publics attribués sans appels d’offres clairs, une absence de traçabilité budgétaire, et des projets pharaoniques qui, pour la plupart, n’ont jamais vu le jour. Des infrastructures non finalisées, des surfacturations massives, et un climat de corruption généralisée ont été les marques de cette gouvernance.
Des conséquences sociales désastreuses
Cette fuite en avant budgétaire a eu des effets tangibles sur le quotidien des Gabonais :
• Des salaires en retard dans certains corps de métiers ;
• Un système de santé fragilisé ;
• Des établissements scolaires délabrés ;
• Une explosion des grèves dans l’administration publique ;
• Une perte de confiance totale dans l’État.
C’est dans ce contexte que le coup d’État militaire d’août 2023 a été perçu par une large majorité de la population comme un “coup de libération”, mettant fin à une décennie de dérives financières et de promesses non tenues.
Une page tournée… ou presque
Depuis le début de la Transition, des audits et des Task Forces ont mis en lumière les mécanismes défaillants de gestion budgétaire et l’ampleur du désordre laissé par le précédent régime. Pour de nombreux Gabonais, la candidature de Bilie-By-Nze apparaît comme une tentative de retour d’un système honni, symbole d’un “ancien monde” politique coupé des réalités du terrain.
« Tchatcheur professionnel », « architecte du chaos budgétaire », « technocrate déconnecté » : les qualificatifs ne manquent pas chez ceux qui voient dans sa candidature un saut en arrière alors que le pays aspire à un avenir plus rigoureux, plus transparent, et plus ancré dans les besoins réels des citoyens.
À quelques jours du scrutin, le choix semble clair pour beaucoup : faire le pari du renouveau, ou risquer de replonger dans l’opacité et les illusions d’un passé récent encore douloureux.































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