
Ancien porte-parole de la présidence de la République et membre influent de l’Association des Jeunes Émergents Volontaires (AJEV), Ike Ngouoni s’est récemment exprimé sur son passé, son incarcération et son avenir. Embastillé dans le cadre de l’opération anti-corruption « Scorpion », qui était très clairement une mascarade judiciaire, l’ex-communicant d’Ali Bongo Ondimba a livré un témoignage sans détours sur son passage au sommet de l’État et les accusations portées contre lui et son groupe.
Dès le début de son intervention, Ike Ngouoni a balayé d’un revers de main les nombreuses allégations qui ont visé son groupe, les « Blas Boys ». Selon lui, les accusations de corruption et de détournements de fonds ne reposent sur aucun fondement : « Tout ce qui a été dit sur nous n’est qu’un tissu de mensonges. On a voulu faire croire que nous étions responsables de tous les maux du pays, alors que nous avons œuvré, en un temps limité, à instaurer des réformes bénéfiques pour les Gabonais. » Il rappelle que sous sa responsabilité, plusieurs décisions importantes ont été prises pour rationaliser l’action gouvernementale et améliorer la gestion des ressources publiques.
Ike Ngouoni défend fermement le bilan de son équipe. Selon lui, leur période d’action a été marquée par une volonté de réorganisation et d’optimisation de l’administration : « C’est pendant cette période que le gouvernement a été ramené à 18 membres. C’est à cette période que le personnel nommé de la Présidence a été réduit de 40% pour montrer l’exemple, que la taille des cabinets ministériels a été revue à la baisse. C’est aussi sous notre impulsion que la réquisition d’usage de la SEEG a été engagée pour préserver l’intérêt général, alors que la qualité du service se dégradait. »
S’il reconnaît que tout n’a pas été parfait, l’ex-porte-parole insiste sur les efforts de son groupe pour apporter des changements concrets : « Nous avons mené des réformes fortes visant à améliorer le quotidien des Gabonais. Nous avons tenté de renouveler la classe dirigeante, de faire émerger de nouveaux visages. C’était une nécessité. »
L’ancien proche d’Ali Bongo Ondimba s’interroge sur le traitement réservé à son groupe, accusé de tous les maux du régime déchu, alors que d’autres figures politiques, présentes bien avant leur arrivée, semblent aujourd’hui s’en laver les mains : « Je pense qu’il est assez difficile de comprendre que des personnalités qui ont été en responsabilité pendant deux ans et demi soient accusées de tous les maux, alors que ceux qui ont passé des décennies au gouvernement se présentent aujourd’hui comme des victimes. Ils ont pourtant siégé régulièrement au Conseil des ministres et validé toutes les décisions prises. C’est trop facile de jeter l’anathème sur un groupe de personnes. »
Ike Ngouoni va plus loin et pointe du doigt des résistances internes au sein même du pouvoir. Il affirme que son groupe était la cible de forces conservatrices hostiles à toute réforme : » Nous avons été combattus de l’intérieur par les éléments les plus radicaux du système, ceux qui étaient hostiles à tout changement et qui profitaient du statu quo. »
Aujourd’hui libre, Ike Ngouoni reste discret sur ses ambitions futures. Mais son discours laisse entrevoir une volonté de rétablir sa vérité et de marquer son empreinte dans l’histoire politique du Gabon. Son témoignage soulève une question essentielle : l’opération « Scorpion » a-t-elle été une lutte sincère contre la corruption ou un règlement de comptes politique ? Une interrogation qui, au-delà du cas Ike Ngouoni, interpelle sur la gestion de la transition et l’avenir de la gouvernance au Gabon.































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