
Dans une récente conférence de presse, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre du Gabon et pilier central du régime déchu, s’est lancé dans une tentative maladroite d’expliquer l’échec retentissant du camp du « NON » lors du référendum national du 16 novembre 2024.
Arborant lamentablement une posture de donneur de leçons, guidé très certainement par un excès de zèle amère, il a eu l’outrecuidance de déclarer que « personne n’avait invité les militaires à prendre le pouvoir ». Une affirmation qui trahit non seulement un manque de lucidité, d’humilité, mais surtout une négation des faits politiques ayant conduit à l’intervention salutaire du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).
Le renversement du régime d’Ali Bongo Ondimba par le CTRI n’a pas été une simple prise de pouvoir. Ce fut une nécessité, imposée par des années de dérives institutionnelles, économiques et sociales orchestrées par le cercle dirigeant dont Bilie-By-Nze était l’un des membres les plus influents. Sous leur gouvernance, le pays avait sombré dans une anarchie généralisée où le bien commun était systématiquement sacrifié au profit des ambitions personnelles.
Les raisons de l’intervention militaire sont multiples et indiscutables. La corruption à grande échelle, devenue un véritable sport national, avait vidé les caisses de l’État et paralysé les services publics. Les manipulations électorales systématiques, notamment lors du scrutin de 2016, avaient plongé le pays dans une crise post-électorale sanglante. Le spectre d’une répétition en 2023, couplé à une succession dynastique programmée en faveur de Noureddin Bongo-Valentin, menaçait de plonger le Gabon dans un chaos irréversible.
Face à ce désordre institutionnalisé, le CTRI n’a pas eu besoin d’une invitation : son arrivée s’imposait comme une urgence nationale. L’armée a agi pour :
Mettre fin à une gouvernance clanique : L’emprise de Sylvia Bongo Ondimba et de son entourage avait transformé l’État en une propriété privée, étouffant toute voix dissidente. Pour empêcher une succession monarchique : L’installation de Noureddin Bongo-Valentin, sous la bénédiction du régime, était perçue comme une insulte à la souveraineté populaire. Pour protéger la paix et l’intégrité du pays : Le spectre de la violence post-électorale, comme celle de 2016, rendait l’intervention nécessaire pour préserver la stabilité du Gabon. Pour restaurer la dignité nationale : La mainmise d’intérêts étrangers sur les ressources et la population gabonaise avait plongé le pays dans une situation d’asservissement inacceptable. Pour restaurer nos valeurs en mettant fin à l’introduction subtile de l’homosexualité dans notre système éducatif.
Alain Claude Bilie-By-Nze, dans son excès de zèle, semble oublier que son nom est indissociable de ces dérives. En tant qu’ancien baron du régime, il a participé activement à l’installation de ce système vicié. Sa tentative de se distancier de ce désastre collectif en accusant les militaires d’avoir agi sans « invitation » relève d’une hypocrisie flagrante.
La vérité est claire : l’intervention du CTRI était bien plus qu’une simple invitation. Elle était une obligation dictée par les actes du régime dont Bilie-By-Nze était un des architectes. En prenant le pouvoir, les forces armées ont répondu à un appel muet, mais puissant de tout un peuple, épuisé par des années de spoliation, de trahison et de mépris.
L’heure n’est plus aux justifications maladroites, mais à la reconstruction. Le CTRI, en mettant fin à des décennies de mauvaise gouvernance, a ouvert la voie à une transition qui doit replacer les Gabonais au cœur des décisions politiques. À ceux qui, comme cet ancien apparatchik du pouvoir tentent de réécrire l’histoire, il est bon de rappeler que les faits restent, et que le peuple gabonais ne les oubliera pas.































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