Dans un entretien accordé au Figaro à l’occasion de sa visite d’État en France, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la question de la souveraineté économique au cœur de son discours. Entre renégociation des contrats historiques, transformation locale des ressources et création de valeur au Gabon, le Chef de l’État défend une nouvelle doctrine : celle d’un pays producteur qui entend tirer davantage profit de ses richesses.
« Le Gabon ne demande pas la charité. Il demande l’équité. » Par cette formule, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema résume l’ambition économique portée par son gouvernement : faire évoluer la relation entre l’État gabonais et ses partenaires vers un modèle fondé sur davantage de valeur ajoutée, de transparence et de bénéfices partagés.
À Paris, dans le cadre de sa visite d’État, le Chef de l’État a rappelé que le Gabon ne remet pas en cause la présence des investisseurs étrangers, mais souhaite rééquilibrer les partenariats existants. « Longtemps, le Gabon est passé pour un État où les rentes étaient copieuses, sauf pour le peuple gabonais », a-t-il déclaré au Figaro, appelant à une nouvelle approche dans la gestion des ressources nationales.
Cette vision s’inscrit dans une volonté de rompre avec un modèle essentiellement basé sur l’exportation des matières premières. Pour le Président gabonais, l’enjeu est désormais de transformer davantage les ressources sur place afin de créer des emplois, développer les compétences nationales et augmenter la contribution des secteurs extractifs à l’économie nationale.
Le récent accord signé avec Eramet autour du développement de la chaîne de valeur du manganèse illustre cette orientation. L’objectif affiché est d’accroître progressivement la transformation locale du minerai et de faire émerger une véritable industrie autour d’une ressource stratégique.
Cette stratégie concerne également les autres secteurs économiques. Le Gabon entend attirer de nouveaux investissements tout en exigeant des retombées concrètes pour les populations : emplois, transfert de compétences, développement industriel et amélioration des infrastructures.
« Si un acheteur refuse le prix réclamé, pourquoi le Gabon devrait-il lui vendre ce qu’il a ? », a également déclaré le Chef de l’État, rappelant que les ressources naturelles appartiennent d’abord aux peuples qui les possèdent.
Pour le Président Oligui Nguema, la souveraineté économique ne signifie pas le rejet des partenaires internationaux, mais la capacité pour le Gabon de négocier selon ses propres intérêts.
Une doctrine résumée par une ligne directrice : attirer les investissements, mais dans un cadre où la création de valeur profite davantage au pays et à ses citoyens.































Discussion about this post