
Le scrutin présidentiel au Gabon a toujours été un moment de fortes tensions, souvent accompagné de controverses sur l’éligibilité des postulants et ce ne sont pas les scrutins de 2009, 2016 et 2023 qui démentiront ce constat. Dans le souci d’assurer la crédibilité du processus électoral, une instance spécifique a été mise en place pour évaluer la capacité linguistique des prétendants à la magistrature suprême.
Cette entité est constituée de onze membres, sélectionnés sur la base de critères précis avec pour objectif de garantir son impartialité et son efficacité. Selon Fausther Mickolo, président de la commission, la maîtrise d’au moins deux langues nationales est une exigence fondamentale pour y siéger. « Chaque membre doit être capable de s’exprimer couramment dans sa langue d’origine ainsi qu’une autre langue nationale », a-t-il précisé.

L’équilibre générationnel et la diversité des profils ont également été pris en compte. « Nous avons veillé à ce que les jeunes soient représentés dans ce processus. Par exemple, pour l’évaluation du président, un aîné sera présent aux côtés d’un jeune de moins de 30 ans qui posera des questions au candidat. L’objectif est de démontrer que la culture linguistique est intergénérationnelle », a ajouté M. Mickolo. L’examen repose sur des critères rigoureux, en l’occurrence la prononciation, la fluidité et la capacité à transmettre des idées de manière claire. Il s’agit avant tout d’évaluer l’aptitude des candidats à s’exprimer de façon intelligible devant leurs concitoyens.
Pour Bouka Alain Wilfrid, candidat à l’élection, cet exercice est un moyen de valoriser les langues locales. « Étant issu d’une mère Sango et d’un père Puvi, je maîtrise ces deux langues. J’ai choisi de passer mon test en Sango, et je suis satisfait de ma prestation. Cette initiative des autorités est à saluer », a-t-il déclaré.

L’enjeu est de garantir une communication fluide et accessible entre les candidats et l’électorat, notamment lors des discours et débats de campagne.
Le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, grand favori de cette élection, s’est également prêté à l’exercice. « Mon épreuve portait sur les infrastructures routières au Gabon. Nous avons discuté de cette thématique en langue nationale. L’expérience s’est très bien déroulée », a-t-il témoigné.

En mettant en avant la diversité linguistique et culturelle, cette commission illustre l’engagement du Gabon à promouvoir l’unité nationale. En veillant à ce que chaque candidat puisse s’exprimer dans sa langue maternelle, elle contribue à renforcer le respect et la cohésion entre les différentes communautés du pays.































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