
À chaque élection, le scénario semble se répéter inlassablement au Gabon : une partie de l’opposition, consciente de son manque de poids électoral, anticipe sa défaite en dénonçant une fraude avant même le scrutin. Cette fois encore, la mécanique est en marche. À quelques semaines du 12 avril, certains acteurs politiques, à l’instar de Monsieur Boudzanga, annoncent leur retrait en criant au « coup d’État électoral déguisé ». Pourtant, sous la Transition, les autorités ont mis un point d’honneur à restaurer les institutions, renforçant le cadre électoral pour garantir un scrutin sécurisé et transparent.
Ce comportement récurrent interroge sur la véritable stratégie de ces opposants. Plutôt que de proposer un programme solide et de mobiliser un électorat, certains préfèrent s’inscrire dans une posture de contestation permanente. Le paradoxe est d’autant plus frappant que le processus mis en place depuis dix-huit mois vise justement à tourner la page des irrégularités électorales du passé. Jamais une élection n’aura été aussi encadrée, avec une transparence accrue et un dispositif de surveillance renforcé, ce qui rend les accusations de fraude bien plus difficiles à justifier.
Ainsi, le pays s’achemine vers un scrutin où Brice Clotaire Oligui Nguema apparaît comme le grand favori, fort d’un bilan qui parle pour lui. Face à cela, les stratégies d’évitement et de victimisation de l’opposition semblent davantage relever d’une fuite en avant que d’un véritable combat démocratique. Loin de faire avancer la politique gabonaise, cette attitude ne fait que fragiliser une opposition déjà divisée et en quête de crédibilité. Reste à savoir si, une fois encore, le pays assistera au traditionnel bal des opposants contestataires après l’annonce des résultats.































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