La traditionnelle cérémonie de présentation des vœux au Chef de l’État a pris, cette année, des allures de séquence politique structurante. Devant le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et la Première Dame, l’administration centrale, les institutions constitutionnelles, le secteur privé, les organisations syndicales et les confessions religieuses ont livré, tour à tour, leurs attentes, leurs encouragements et leurs mises en garde. Une rencontre dense, révélatrice des équilibres et des tensions qui accompagnent l’entrée du Gabon dans la Cinquième République.
Cette cérémonie s’inscrit dans la continuité des vœux déjà présentés par le Corps diplomatique et les Forces de Défense et de Sécurité. Mais elle marque surtout une étape supplémentaire dans le dialogue entre le pouvoir exécutif et les forces vives de la Nation, à l’heure où le pays bascule définitivement de la transition vers un ordre constitutionnel stabilisé.
Un bilan de transition assumé
Ouvrant la séquence des allocutions, le Vice-Président du Gouvernement a dressé un bilan des réformes et réalisations engagées depuis l’arrivée au pouvoir du Chef de l’État. Modernisation de l’administration publique, relance des infrastructures, efforts en faveur de l’éducation, de l’emploi et du social, redynamisation de l’économie : le propos se veut à la fois rétrospectif et projectif, soulignant une dynamique enclenchée mais encore inachevée.
Les institutions et collectivités locales ont, pour leur part, salué le démarrage effectif de la décentralisation, longtemps annoncée, rarement appliquée. Un chantier sensible, présenté comme l’un des piliers de la Cinquième République, appelé à rapprocher l’action publique des citoyens et à corriger les déséquilibres territoriaux.
Attentes sociales et exigence de résultats
Du côté du secteur privé et des organisations syndicales, le ton s’est voulu plus direct. Tous ont exprimé une attente forte de résultats concrets, notamment sur le paiement des dettes intérieures de l’État, l’amélioration du climat des affaires et des conditions de travail. Derrière ces revendications transparaît une même exigence : que la rupture politique se traduise désormais par un impact tangible sur l’économie réelle et le pouvoir d’achat.
Les confessions religieuses, quant à elles, ont inscrit leur intervention sur un registre moral et sociétal, appelant au respect des valeurs fondamentales, à la cohésion nationale et au renforcement du bien commun, dans un contexte de mutations profondes et parfois déstabilisantes.
La réponse présidentielle : rigueur, responsabilité et cap clair
Face à cette diversité de voix, le Président de la République a livré une réponse à la fois ferme et mesurée. Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé sa volonté de prendre en compte les préoccupations exprimées, tout en rappelant les contraintes d’un contexte marqué par la rigueur budgétaire et les exigences nouvelles liées à l’entrée en vigueur de la Cinquième République.
Parmi les annonces majeures, le Chef de l’État a évoqué le lancement d’un audit des caisses sociales, présenté comme un préalable indispensable à leur redressement et à une meilleure justice sociale. Il a également insisté sur le renforcement de l’inclusion des travailleurs indépendants, longtemps restés en marge des dispositifs de protection sociale, tout en appelant à une promotion plus affirmée de la main-d’œuvre nationale.
2026, une année de méthode et de valeurs
Au-delà des mesures sectorielles, le Président Oligui Nguema a surtout voulu donner une boussole politique à l’année qui s’ouvre. 2026 sera une année de travail, a-t-il martelé, placée sous le signe des trois P : Performance, Probité et Patriotisme. Une trilogie présentée comme le socle de la nouvelle gouvernance, où l’efficacité de l’action publique doit aller de pair avec l’exemplarité et le sens de l’intérêt général.
Enfin, abordant un sujet sensible, le Chef de l’État a indiqué que le débat sur le retour éventuel de la peine de mort ne saurait être tranché de manière unilatérale. Fidèle à sa volonté de consultation populaire, il a estimé que cette question devra être soumise au peuple, dans un cadre démocratique et apaisé.
À travers cette cérémonie de vœux, Brice Clotaire Oligui Nguema a confirmé sa méthode : écouter, arbitrer et décider, sans céder ni à la précipitation ni à l’immobilisme. À l’aube de la Cinquième République, le message est clair : le temps des intentions s’efface progressivement au profit de celui des résultats.































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