Dans le troisième arrondissement de Libreville, le quartier Akemindjogoni n’est plus ce point aveugle de la carte urbaine que l’on traversait à contrecœur. Longtemps enclavé, régulièrement submergé en saison des pluies, miné par des voies secondaires dégradées et quasi impraticables, il symbolisait ces fractures invisibles qui fragmentent les capitales africaines.
Aujourd’hui, le paysage change. Les travaux de réhabilitation routière engagés sur instruction du président Brice Clotaire Oligui Nguema progressent à un rythme soutenu. Sur le terrain, la transformation est palpable : reprofilage de la chaussée, drainage des eaux pluviales, pose de caniveaux, nivellement, préparation du revêtement final. Une intervention lourde, pensée pour durer.
Des voies secondaires enfin intégrées
Le signal politique est clair : l’aménagement urbain ne doit plus se limiter aux grands axes visibles. En ciblant les voies secondaires d’Akemindjogoni, l’exécutif opère un glissement stratégique. Il ne s’agit plus seulement de moderniser les vitrines de la capitale, mais d’intégrer les quartiers longtemps relégués à la périphérie fonctionnelle.
Pendant des années, les routes défoncées entravaient les déplacements quotidiens, ralentissaient l’activité économique locale et compliquaient l’accès aux services essentiels. L’enclavement n’était pas qu’une donnée géographique ; il était social.
Une présence présidentielle assumée
En se rendant sur le chantier ce mardi, le chef de l’État a voulu envoyer un message : celui d’un suivi direct et d’une exigence de conformité aux engagements pris. Cette présence sur le terrain, devenue une marque de fabrique de son action, vise à réduire la distance entre la décision politique et sa mise en œuvre concrète.
Dans un contexte où la crédibilité institutionnelle se mesure à l’aune des résultats visibles, la visite présidentielle renforce l’idée d’une gouvernance de proximité, attentive aux réalités du quotidien.
Mika Service à l’œuvre
Les équipes de Mika Service poursuivent les opérations avec méthode. L’assainissement et le drainage constituent des priorités absolues dans un environnement soumis à de fortes pluies. Les dispositifs d’évacuation des eaux installés devraient réduire significativement les inondations récurrentes qui fragilisaient les habitations et dégradaient rapidement les chaussées.
Au-delà de la voirie, certains riverains ont bénéficié de la réhabilitation de leur logement et de la construction de murs de soutènement, contribuant à sécuriser leurs habitations. Ce volet social renforce la portée du chantier : il ne s’agit pas uniquement d’asphalte, mais de dignité.
Une dynamique économique et sociale
Les premiers effets sont déjà perceptibles. Circulation plus fluide, sécurité accrue, accès facilité aux écoles, centres de santé et services publics. À terme, la valorisation foncière et l’intégration renforcée du quartier dans le tissu urbain pourraient stimuler l’investissement local et l’activité commerciale.
Car une route ne transporte pas seulement des véhicules ; elle transporte des opportunités. Elle réduit les distances économiques, élargit les horizons et réinscrit les territoires marginalisés dans la dynamique globale de la ville.
Le symbole d’un rééquilibrage
À Akemindjogoni, la réhabilitation routière dépasse le cadre technique. Elle incarne une volonté de corriger des inégalités territoriales accumulées au fil des décennies. En réinvestissant les quartiers périphériques, le pouvoir tente de redéfinir la carte des priorités urbaines.
Reste un impératif : garantir la durabilité de ces aménagements. L’entretien régulier, la discipline dans l’occupation des emprises et la gestion rigoureuse des infrastructures seront déterminants pour éviter un retour en arrière.
Si l’élan se maintient, Akemindjogoni pourrait devenir l’illustration concrète d’une transformation urbaine qui ne se contente plus d’embellir, mais qui répare, intègre et rééquilibre.































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