Au 11ᵉ Sommet de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, un mot s’est imposé au cœur des échanges : confiance. Et c’est précisément sur ce terrain que le président Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi de placer le curseur lors de la deuxième journée marquée par le Sommet des affaires à Malabo.
La confiance, condition première de l’investissement
Face à des investisseurs, décideurs publics et partenaires internationaux, le chef de l’État gabonais a posé un diagnostic lucide : l’espace OEACP regorge d’opportunités, mais peine encore à convertir son potentiel en investissements massifs.
La raison est connue, et souvent éludée : l’insuffisance de confiance.
Pour y remédier, Oligui Nguema a insisté sur des fondamentaux non négociables : transparence dans la gestion des finances publiques, stabilité des cadres réglementaires et capacité des États à offrir de la visibilité aux investisseurs. Sans ces garanties, a-t-il laissé entendre, aucune stratégie de développement ne peut tenir dans la durée.
Structurer un environnement crédible
Dans cette logique, le président gabonais a plaidé pour un changement d’approche : passer d’un discours d’attractivité à une véritable architecture de confiance.
Cela implique des réformes concrètes : élargissement de l’assiette fiscale, meilleure mobilisation des ressources domestiques, sécurisation juridique des investissements. Des mesures techniques, mais décisives pour crédibiliser les économies de l’espace OEACP.
Des secteurs identifiés, mais des verrous à lever
Sur le fond, les priorités sont connues : énergie, infrastructures, numérique, agriculture, valorisation des ressources naturelles. Autant de secteurs à fort potentiel de création de valeur.
Mais Oligui Nguema a pris soin de rappeler une réalité souvent sous-estimée : le principal obstacle n’est pas l’absence d’opportunités, mais les contraintes structurelles. Accès au financement, insuffisance des infrastructures, lourdeurs administratives, insécurité juridique.
Autrement dit, le défi est moins d’identifier les projets que de créer les conditions pour qu’ils se réalisent.
L’innovation financière comme levier
Conscient de ces blocages, le président gabonais a mis en avant des instruments capables de changer la donne : partenariats public-privé, mécanismes d’échange dette-développement, obligations vertes et bleues.
Ces outils ne sont pas nouveaux, mais leur mobilisation reste encore limitée dans l’espace OEACP. L’enjeu est désormais de les systématiser pour financer la transformation économique sans alourdir la dette publique.
Une vision élargie du développement
Au-delà des investissements, Oligui Nguema a élargi le débat à des enjeux plus transversaux, notamment l’urbanisation. Pression démographique, besoins en infrastructures, accès à l’eau et à l’énergie : autant de défis qui dépassent les frontières nationales.
Son appel à une réponse collective traduit une conviction : aucun État ne peut, seul, répondre à ces défis systémiques. La coopération devient donc une nécessité opérationnelle, et non plus un simple cadre diplomatique.
Le Gabon en démonstrateur
La présentation du Plan national de développement et de croissance 2026-2030 par Louise-Pierrette Mvono s’inscrit dans cette logique. En exposant ses priorités, énergie, eau, infrastructures, capital humain, le Gabon se positionne comme un terrain d’expérimentation de cette nouvelle approche.
L’idée est simple : démontrer par l’exemple que la transformation est possible, à condition d’aligner vision, financement et exécution.
De la parole à l’engagement
En clôturant le Sommet des affaires, Brice Clotaire Oligui Nguema a recentré le débat sur l’essentiel : transformer les recommandations en projets concrets.
Car à Malabo, les constats sont partagés. Les solutions sont identifiées. Le véritable enjeu reste la mise en œuvre.
Un cap clair : restaurer la crédibilité
À travers son intervention, le président gabonais a posé les bases d’un repositionnement stratégique : faire de la crédibilité des États le premier levier d’attractivité.
Dans un environnement international de plus en plus sélectif, ce choix n’est pas anodin. Il marque une rupture avec les approches passées, souvent centrées sur les promesses plutôt que sur les garanties.
Reste à savoir si cette exigence de rigueur sera suivie par l’ensemble des États membres. Car dans l’espace OEACP, la confiance ne se décrète pas, elle se construit, réforme après réforme.































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