Le Gabon a officiellement récupéré la pleine propriété d’Africa N°1, mettant ainsi un terme à plus de deux décennies de participation majoritaire libyenne dans le capital de la célèbre station. L’accord, conclu mardi à Libreville entre les autorités gabonaises et une délégation venue de Libye, est très clairement un pas important dans le processus de renaissance de ce média emblématique du paysage audiovisuel africain.
Selon les informations communiquées à l’issue des discussions, les deux parties sont parvenues à un compromis consacrant le retour intégral du contrôle juridique, stratégique et opérationnel de la radio à l’État gabonais. Cette décision met définitivement fin à la présence dominante du holding libyen Libya Africa Portfolio (LAP), devenu actionnaire principal de la station au milieu des années 2000.
Fondée en 1981 à Libreville, Africa N°1 s’était rapidement imposée comme une référence médiatique incontournable dans l’espace francophone africain. Grâce notamment à la puissance de son centre émetteur de Moyabi, situé dans le Haut-Ogooué, la station diffusait ses programmes dans plusieurs pays du continent et incarnait le rayonnement médiatique du Gabon en Afrique.
Cependant, confrontée à des difficultés économiques croissantes et à la transformation rapide du secteur audiovisuel, la radio avait progressivement perdu de sa superbe. L’entrée du LAP dans son capital, avec une participation majoritaire de 52 %, devait à l’époque permettre d’assurer sa stabilité financière.
Mais les bouleversements politiques intervenus en Libye après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, combinés aux mutations technologiques du secteur des médias, ont contribué à fragiliser davantage l’entreprise.
Au fil des années, Africa N°1 a connu une longue période de crise marquée par des difficultés de gestion, un placement en redressement judiciaire et un ralentissement quasi total de ses activités. Dès l’ouverture de la transition politique au Gabon, les autorités ont toutefois affiché leur volonté de redonner vie à cette institution historique de l’audiovisuel africain.
Plusieurs concertations gouvernementales ont ainsi été engagées ces derniers mois afin de préparer les négociations avec la partie libyenne et d’organiser les modalités de reprise complète du capital par l’État gabonais.
Pour les pouvoirs publics, cette récupération dépasse la simple dimension économique. Elle s’inscrit dans une logique de souveraineté informationnelle, de valorisation culturelle et de repositionnement stratégique du Gabon dans le paysage médiatique africain.
Parallèlement aux discussions sur le capital, un important programme de réhabilitation du siège historique de la radio à Libreville a été lancé. Les travaux concernent en l’occurrence la modernisation des studios, des équipements techniques et des régies, avec pour ambition de transformer la station en un média résolument tourné vers les nouveaux usages numériques.
Les plus autorités du pays en tête desquelles le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, souhaitent désormais faire d’Africa N°1 une plateforme multimédia moderne, capable d’allier diffusion radiophonique traditionnelle, streaming, podcasts et production de contenus digitaux adaptés aux nouvelles générations d’auditeurs africains.
Pour de nombreux Gabonais, mais aussi pour plusieurs générations d’auditeurs du continent, cette reprise revêt une portée hautement symbolique. La radio demeure associée à l’âge d’or de l’audiovisuel africain francophone et reste reconnue pour avoir formé de nombreux journalistes, animateurs et producteurs qui ont marqué les médias africains.
Avec cet accord historique conclu à Libreville, le Gabon referme ainsi un chapitre ouvert il y a plus de vingt ans et retrouve le contrôle total de l’un des plus puissants symboles de son influence médiatique sur le continent africain.






























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