Face à une crise de l’eau qui affecte depuis plusieurs années une grande partie du Grand Libreville, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, choisit l’action immédiate. Quelques jours seulement après son échange direct avec les agents de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) au Centre de Formation Jean Violas, le Gouvernement a annoncé le lancement d’une vaste opération baptisée « État d’urgence de l’eau », destinée à répondre sans délai aux besoins les plus pressants des populations.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la gestion d’un dossier devenu prioritaire. Elle traduit la volonté des autorités de ne plus se limiter au diagnostic des difficultés, mais d’apporter des réponses opérationnelles tout en poursuivant les réformes structurelles du secteur.
L’origine de cette initiative se trouve dans les échanges francs tenus entre le Chef de l’État et les agents de la SEEG. Au cours de cette rencontre, les dysfonctionnements qui affectent depuis des années la distribution de l’eau et de l’électricité ont été abordés sans détour. Les personnels de l’entreprise ont reconnu les insuffisances du système et exprimé leur disponibilité à accompagner les changements nécessaires.
Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, cette méthode illustre une conviction : les solutions durables naissent du dialogue, de la responsabilisation des acteurs et d’une mobilisation collective autour de l’intérêt général.
La réponse gouvernementale se veut à la fois rapide et concrète
Placée sous l’impulsion de la Vice-Présidence de la République, l’opération associe le ministère chargé de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie ainsi que les Forces de Défense et de Sécurité. Cette coordination interministérielle témoigne de l’importance accordée à un enjeu qui dépasse désormais le seul cadre technique pour relever d’une véritable priorité nationale.
Le dispositif repose sur la mobilisation de 55 camions-citernes, chargés d’assurer la distribution d’eau dans les principales zones affectées du Grand Libreville. Les quartiers de Nzeng-Ayong, Akanda, Owendo, le Centre-ville, Akébé, Bikélé, Glass, Lalala et plusieurs autres secteurs seront progressivement desservis afin d’assurer une couverture aussi large que possible.
Au-delà du renforcement des moyens logistiques, les autorités ont également décidé d’agir sur le coût du service
Le prix de la livraison d’une cuve d’eau est désormais fixé à 3 000 francs CFA, contre 10 000 francs CFA auparavant. Cette réduction substantielle vise à rendre l’eau plus accessible aux ménages tout en mettant fin aux pratiques spéculatives qui avaient prospéré autour de la pénurie.
Des numéros verts, organisés par zones de desserte, seront également mis à la disposition des habitants afin de faciliter les demandes et d’améliorer la coordination des livraisons.
Cette mesure répond directement aux préoccupations exprimées par de nombreuses familles confrontées depuis plusieurs années aux difficultés d’approvisionnement. Elle intervient dans un contexte où les autorités ont engagé une lutte contre les circuits parallèles de distribution d’eau, accusés d’entretenir des pratiques irrégulières et de tirer profit des défaillances du réseau public.
Le Gouvernement entend ainsi substituer à ces réseaux informels un dispositif organisé, transparent et placé sous le contrôle de l’État.
Pour garantir l’intégrité de l’opération, des mécanismes de contrôle renforcés seront déployés afin de prévenir toute fraude, tout détournement ou toute tentative d’entrave au bon déroulement des distributions.
Mais cette opération d’urgence ne constitue qu’un premier niveau de réponse
Les autorités insistent sur le fait que la distribution par camions n’a pas vocation à devenir un mode permanent d’approvisionnement. Elle doit permettre de soulager les populations dans l’immédiat, en attendant la poursuite des investissements destinés à moderniser durablement les infrastructures hydrauliques et à améliorer les performances de la SEEG.
Cette double approche — urgence et réforme — s’inscrit dans la méthode de gouvernance revendiquée par Brice Clotaire Oligui Nguema depuis son accession à la magistrature suprême. Face aux difficultés héritées de plusieurs années de dysfonctionnements, l’exécutif privilégie une action simultanée : répondre aux besoins immédiats des citoyens tout en engageant les transformations de fond nécessaires pour éviter que ces crises ne se reproduisent.
En faisant de l’accès à l’eau potable une priorité absolue, le Chef de l’État entend réaffirmer un principe simple : un service public essentiel ne peut être considéré comme un privilège, mais doit devenir un droit effectivement garanti à tous les citoyens.
Le succès de cette opération sera naturellement apprécié à l’aune de ses résultats sur le terrain. Pour les habitants du Grand Libreville, l’enjeu est concret : retrouver un accès régulier à une ressource indispensable à la vie quotidienne. Pour les pouvoirs publics, il s’agit de démontrer que la réforme du service public peut produire des effets immédiats tout en préparant une amélioration durable de l’approvisionnement en eau dans la capitale gabonaise.































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