Dans une société en perpétuelle mutation, la réflexion de Chancel Kongo intitulée « Le Poids du Diplôme : Quand l’Acquis Écrase le Devoir » résonne comme un appel froid à la lucidité et à la responsabilité. Derrière la critique de ce qu’il nomme une « dérive sociétale » se cache une question fondamentale : qu’avons-nous fait de la valeur du diplôme, ce symbole autrefois sacré de l’effort et du mérite ?
Pour Chancel Kongo, la société gabonaise vit une inversion des valeurs et pour cause. Le diplôme, censé être le point de départ d’un engagement citoyen, est devenu un titre de noblesse sociale, un passeport vers le confort, voire une justification à l’inaction. Cette posture, dénonce-t-il, rompt le pacte moral entre le diplômé et l’État, ce dernier ayant investi dans la formation de ses fils et filles dans l’espoir d’un retour constructif au service du bien commun. Voilà qui a le mérite d’être clair.
L’analyste met très clairement en lumière une vérité dérangeante : la mesure du patriotisme ne réside pas dans la rémunération, mais dans la capacité au sacrifice. Il interpelle directement les cadres et diplômés occupant des postes clés, leur demandant combien parmi eux accepteraient de réinvestir, ne serait-ce qu’un an de salaire, dans l’amélioration de l’enseignement supérieur. Par cet exemple fort, il invite à repenser la citoyenneté non comme une revendication de droits, mais comme une responsabilité nourrie par le don de soi.
Chancel Kongo, lui-même philanthrope devant l’Éternel, rappelle aussi, à toutes fins utiles, que le service public ne se limite pas à occuper un bureau, mais à incarner des principes et des valeurs : loyauté, respect de la fonction et confidentialité. Ces vertus, dit-il, sont les véritables piliers invisibles de l’institution. Il précise que les trahir — en fuyant ses devoirs ou en divulguant des informations sensibles — revient à saboter la confiance publique et à fragiliser l’édifice national.
À travers cette sortie lourde, cohérente et moralisatrice, l’homme invite à une introspection collective. Vivre sur ses acquis sans contribuer au progrès de la communauté est, selon lui, une forme d’ingratitude envers les générations futures. Le diplôme n’est donc pas une fin en soi, mais le commencement d’une mission sociale et morale : celle de bâtir, d’enseigner, de transmettre et de protéger.
Chancel Kongo ravive une exigence oubliée : celle du devoir citoyen comme prolongement naturel du savoir acquis. Une réflexion salutaire, à l’heure où la société a besoin, moins de diplômés installés, que de bâtisseurs engagés.
Au Chef de l’État de tirer les conclusions qui s’imposent : les CV pompeux ne sont pas synonymes de savoir-faire, de pragmatisme et d’efficacité. Comme l’avait indiqué le plus grand acteur gabonais, en l’occurrence feu Philippe Mory, dans l’un des plus grands films de notre pays, Les Couilles de l’Éléphant : « Sais-tu quelles sont les deux plus grandes plaies de l’Afrique ? Les criquets et les intellectuels. ».































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