En marge de sa visite du futur chantier de la route transfrontalière reliant le Gabon au Cameroun, à Minvoul, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré un discours aux accents politiques assumés. Face aux populations, le Chef de l’État a opposé une conception du pouvoir centrée sur l’investissement national à celle qu’il associe à l’enrichissement personnel et à l’exil après l’exercice des responsabilités.
Au pied du futur corridor routier qui reliera le Gabon au Cameroun, le Président gabonais n’a pas seulement évoqué les enjeux d’infrastructures. Il a également partagé sa conception de l’exercice du pouvoir, articulée autour d’une idée simple : un dirigeant doit laisser derrière lui un pays plus développé que celui qu’il a trouvé.
« Je suis obligé de travailler et développer le Gabon, je ne veux pas aller en exil après mon mandat », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema devant les populations de Minvoul.
À travers cette formule, le Chef de l’État établit un lien direct entre la qualité de la gouvernance et le regard que les citoyens portent sur leurs dirigeants une fois leur mandat achevé. Pour lui, la légitimité d’un responsable politique se mesure avant tout aux réalisations concrètes qu’il laisse au bénéfice des populations.
Dans son intervention, le Président a également insisté sur la nécessité de réinvestir les richesses nationales dans le développement du territoire plutôt que dans des acquisitions à l’étranger.
« Si tu fuis la poussière dans ton village pour aller acheter les maisons chez les Blancs, un jour ça va te rattraper. L’argent qu’on achète les maisons avec en France, en Angleterre ou aux États-Unis doit servir à construire dans nos villages. »
À travers cette image, Brice Clotaire Oligui Nguema a défendu une vision du développement fondée sur l’investissement local. Selon lui, les ressources générées par le pays doivent prioritairement contribuer à la modernisation des infrastructures, à l’amélioration des conditions de vie des populations et au développement des territoires.
Poursuivant son propos, le Chef de l’État a rappelé le caractère temporaire de l’exercice du pouvoir.
« Le pouvoir, c’est quelque chose qui passe. Tu fais tes sept ans, si tu gagnes encore, tant mieux, et après tu pars, et quand tu te balades, les populations ne te jettent pas des pierres. »
Ce message met en avant une conception de la responsabilité publique fondée sur la reddition de comptes devant les citoyens. Pour le Président, l’action gouvernementale doit être guidée par la recherche de résultats durables plutôt que par des intérêts personnels.
Le discours prononcé à Minvoul intervient dans un contexte marqué par le lancement de plusieurs projets structurants dans les provinces, notamment la future route transfrontalière Gabon-Cameroun, appelée à renforcer les échanges commerciaux, à désenclaver le nord du pays et à favoriser l’intégration régionale.
En choisissant ce chantier pour délivrer ce message, le Président établit un parallèle entre sa vision politique et les investissements engagés sur le terrain. Il présente ces infrastructures comme la traduction concrète de son engagement en faveur du développement national.
Enfin, Brice Clotaire Oligui Nguema a dénoncé les pratiques consistant, selon ses termes, à transférer les richesses nationales vers l’étranger au détriment des investissements domestiques.
« Être chef d’État, ce n’est pas prendre l’argent pour aller le mettre à Londres, en France ou dans les paradis fiscaux. Pourquoi enrichir les populations des autres ? », a-t-il lancé.
À travers cette prise de parole, le Président réaffirme une ligne politique axée sur la valorisation des investissements au Gabon, la modernisation des infrastructures et la transformation des territoires. Un discours qui accompagne la stratégie de développement engagée depuis son accession à la magistrature suprême et qui entend placer les réalisations concrètes au cœur de l’action publique.




























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